FTAV: La BCT met en péril la vie de plusieurs centaines d'agences de voyages

Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 17 juillet 2017, la fédération des agences de voyages et de tourisme (FTAV) a mis en garde la Banque centrale de Tunis (BCT) sur les gravissimes impacts qui peuvent se produire suite à la clôture de l’enveloppe dédiée à l’activité de l’outgoing au titre de 2017.

C’est à travers un communiqué de la BCT que le dossier a été remis sur scène, cette fois d’une manière prématurée puisque d’habitude ce genre de problème se produit vers le mois d’octobre.

« Ce problème n’est pas récent mais c’est plutôt un fait d’accumulation datant de 2014 suite aux attentats terroristes et les difficultés rencontrées sur plusieurs marchés émetteurs, ce qui a poussé plusieurs agents de voyages à  travailler sur l’outgoing pour éviter la fermeture de leurs bureaux et le licenciement des employés », a souligné Nadaa Ghozzi – présidente de la commission outgoing au sein de la FTAV.  Elle a rajouté que le montant de l’enveloppe n’a pas fait l’objet de révision malgré la dépréciation continue du dinar face à l’euro.

Depuis 2006 année du lancement de cette mesure d’accompagnement pour le secteur touristique, ce montant était de 10 MDT mais à partir de 2014 l’enveloppe a été doublée (20MDT) avant qu’elle soit révisée encore une fois au début de 2017 pour s’établir à 25MDT.

Le président de la FTAV, Mohamed Ali Toumi affirme que « cette décision risque de causer la fermeture de 200 agences de voyages et de mettre en péril la solvabilité des agents vis-à-vis de leurs partenaires étrangers. Ceci pourrait constituer une atteinte à l’image de marque du pays, qui, de nature, s’est beaucoup dégradée sur les marchés émetteurs européens ».

De son côté le vice président de l’UGTT Kamel Saad a mit sous spot l’importance de la perception des activités assurées par les agences de voyages et que les départs des tunisiens à l’étranger ne se limitent pas aux personnes aisées mais ils englobent les étudiants, les visites familiales, les voyages médicaux etc ; et qui s’avèrent essentiels et non pas à aspect accessoires comme prétendait la BCT. Le syndicaliste a précisé que si la BCT voulait limiter les dépenses en devises, elle aurait dû revoire la liste des biens non essentiels que le gouvernement est en train de les importer. Il rajoute que l’UGTT ne va pas rester les bras croisés et compte s’adresser au chef du gouvernement pour éclaircir cette affaire une fois pour toute.

Le ministère du tourisme a participé à cette conférence de presse et son représentant Fehmi Houki a  annoncé qu’à partir des recommandations d’une étude qui a été faite par le ministère sur l’activité de l’outgoing, un programme de libéralisation progressive de cette activité a été convenu lors d’un conseil ministériel pour porter le plafond de l’enveloppe à 40MDT (à compter 2016) puis à 50MDT (2017) ensuite à 60 MDT (2018) pour arriver à une suppression complète du dit plafond parallèlement avec l’amélioration de la conjoncture économique nationale. Ceci n’a pas été approuvé et le programme fut rejeté par la suite. Cependant, un autre conseil ministériel restreint a décidé plus tard en 2017 l’augmentation de cette enveloppe de 20MDT à 25 MDT mais ceci reste en déça des besoins du segment sachant que les acteurs touristiques concernés ont été informés depuis février 2017 de ces nouvelles dispositions. Les demandes qui ont été réceptionnées au bureau d’ordre du ministère totalisent un montant de 40MDT.

Comme précisé ci-dessus, d’habitude ce problème commence à surgir à partir du mois de septembre ou octobre (après la haute saison des départs) mais cette année le problème a fait surface au début de la haute saison ce qui risque de mélanger les cartes des opérateurs touristiques et menacer carrément la continuité de l’activité d’outgoing.

A lire un article similaire du 08 Janvier 2016: Tourisme tunisien: L'outgoing et l'alibi de la BCT

 

Rédacteur: 
la rédaction-MK

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